Le complotisme n’est pas une idéologie nouvelle mais il resurgit au moment où les sociétés traversent des crises économiques ou sociétales, voire une crise sanitaire comme nous la vivons aujourd’hui C’est ce phénomène mystérieux et dérangeant que nous avons décidé d’analyser pour mieux le combattre et pour tenter de lui enlever ses oripeaux de mensonges, de fake news et de manipulations « Je sais que l’on ne discute pas, que l’on ne démontre pas, que l’on ne prouve pas contre la haine », cette phrase tirée du livre « Liberté, liberté chérie » de Pierre Mendes-France est toujours d’actualité mais le Centre Culturel Juif Simone Veil de Montpellier a fait le choix de regarder les faiseurs de haine dans les yeux pour mieux les dénoncer.

 

PROGRAMME

10H00 : Ouverture de la journée
par Michèle BENSOUSSAN, Présidente du CCJ Simone Veil

10H30 : Intervention de Marie-Anne MATARD-BONUCCI

« Les antisémythes dans la durée »
De l’antisémitisme chrétien aux théories complotistes d’aujourd’hui, Marie Anne MATARD

BONUCCI proposera une réflexion sur les mécanismes et les formes de l’antisémythes

11H30 : Intervention de Marie PELTIER

20 ans après le 11 septembre 2001 : Une histoire politique du conspirationnisme contemporain

On peut considérer le 11 septembre 2001 comme le mythe fondateur des conspirationnistes contemporains. Evénement traumatique si l’en est, sur lequel sont venus se greffer une série de récits et de contre-récits, il fut le socle d’une réactivation de fonds mémoriels anciens. D’une part il y a la couleur civilisationnelle donnée à l’événement par le Président Bush et ses alliés à travers le monde : « l’axe du Mal », « la guerre contre la terreur », soit une remobilisation sémantique de la vieille dualité civilisation/barbarie. Un pacte aussi, « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous », auquel nombre de citoyens ne se sont pas identifiés. Pacte scellé par les politiques sécuritaires qui ont suivi et par les interventions en Afghanistan et en Irak. En face, certains acteurs de propagande ont profité de ce qui était perçu comme la remise en branle de la domination multiséculaire de l’Occident pour offrir un contre-récit, présenté comme « alternatif ». Ce contre-récit vient lui aussi charrier des haines anciennes et s’arrime largement à l’imaginaire conspirationniste et antisémite. C’est ici toute la genèse de la polarisation du récit contemporain, qui est à considérer comme une hydre à deux têtes, brassant à la fois la sémantique civilisationnelle et la pensée antisystème. Deux trames narratives qui, loin de s’opposer, brodent ensemble depuis 20 ans le récit de ce siècle.

12H30 : Pause déjeuner

13H00 : Projection du film “Complotisme, les alibis de la terreur” de Rudy REICHSTADT et Georges BENAYOUN

14H30 : Intervention de Tristan MENDES-FRANCE
« Les nouveaux territoires de la haine et du complotisme en ligne »

Les «théories» complotistes se propagent rapidement, notamment sur les réseaux sociaux, parfois même véhiculées, sous forme de sous-entendus, voire de fausses informations par des personnalités publiques, elles intoxiquent en particulier une jeunesse pas toujours à même de prendre le recul nécessaire sur des informations qui circulent en masse (tiré d’un article de Conspiracy Watch d’avril 2020)

Jean-Pierre SARRABIA

Administrateur

Plus vous vous informez par la radio ou la presse écrite, moins vous avez tendance à adopter ces thèses. Inversement, plus vous fréquentez les réseaux sociaux et les plateformes de vidéo en ligne, plus vous avez de chances de croire à ces théories (enquête de Conspiracy Watch), les réseaux sociaux deviennent alors une arme au service de la complosphère.

Les moins de 35 ans, les moins diplômés, les plus fragiles socialement et, sur le plan politique, les sympathisants de l’extrême droite et de l’extrême gauche sont les plus perméables.

Avec notre intervenant nous essaierons d’analyser l’interdépendance des réseaux sociaux avec le complotisme et nous nous interrogerons sur les moyens d’action pour lutter contre les « fake news », les rumeurs et les contrevérités.

15H30 : Interview de Daniel LECONTE

Daniel LECONTE, journaliste, scénariste, réalisateur et producteur de cinéma et de télévision répondra à nos questions et à celles du public portant sur son engagement au travers des films et documentaires qu’il a réalisés ou produits et pour lesquels il a obtenu des prix prestigieux comme le prix Albert Londres, qui récompense les meilleurs Grands Reporters francophones, pour « la deuxième vie de Klaus Barbie », sélectionné au Festival de Cannes et au new York Festival pour son film « c’est dur d’être aimé par des cons », nommé au Golden Globes, aux Emmy Awards américains pour Carlos et aux Césars pour le Bal des Menteurs

16H30 : Intervention de Rudy REICHSTADT

« Les enjeux contemporains du complotisme »

Politologue, fondateur du service de presse en ligne Conspiracy Watch – l’Observatoire du conspirationnisme, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès et membre de la commission « Les Lumières à l’ère numérique », Rudy Reichstadt consacrera son intervention aux causes et aux conséquences du complotisme, un phénomène qu’il considère comme une pathologie de la démocratie.

Selon lui, le complotisme tient davantage de la crédulité que de l’indépendance d’esprit. Il n’a rien à voir avec l’usage de l’esprit critique et se pare des atours du scepticisme pour usurper le prestige associé au doute méthodique. Or, par démagogie, lâcheté ou complicité idéologique, le complotisme a rencontré et continue de rencontrer une complaisance coupable. On en relativise la gravité quand on ne le justifie pas carrément.

Rudy Reichstadt montrera que nos sociétés doivent enfin prendre la mesure de la menace que les théories du complot font peser sur notre capacité à continuer à vivre en démocratie et à affronter les grands défis auxquels nous sommes confrontés.

17H30 : Synthèse 18H00 : Fin du colloque

Plus d’information sur le site internet du CCJ